DE LA SCIENCE, ETC. 5y3
objet, en employant des méthodes différentes; elless’éclairent mutuellement; on ne peut bien traiterl’une sans le secours de l’autre.
Dans la première , l’observation des minéraux,leur inscription, leur histoire, forment le fond de lascience; mais souvent elle invoque la chimie contredes difficultés que l’observation seule n’eût pu ré-soudre. Dans l’application de la chimie aux substan-ces métalliques, leur analyse chimique est la basede la science; mais souvent elle a besoin de s’éclai-rer par des observations.
De même, quoique l’économie politique emploiel’observation et le raisonnement, cependant on yéprouve à chaque instant le besoin du calcul ; et lamathématique sociale n’apprendrait à calculer quedes abstractions, si elle n’empruntait de l’économiepolitique les données quelle doit employer, si celle-ci ne lui indiquait les questions qu’il est importantde résoudre.
Il n’est peut-être aucune portion des sciences po-litiques sur laquelle il reste plus de préjugés à dé-truire, et où ces préjugés puissent avoir des consé-quences plus funestes. Us ont résisté jusqu’ici à laraison; abattus plus d’une fois, on les a vus se re-lever avec plus de force: disparaissent-ils d’un pays,on les voit se rencontrer dans un autre.
Osons espérer qu’attaqués par la raison et par lecalcul, nous n’aurons plus à redouter ces résurrec-tions inattendues, ces oscillations entre la vérité etl’erreur.