FRAGMENT DE JUSTIFICATION. 58 1
la partie de la déclaration relative à cette unité. Lesdeux partis s’élevèrent contre lui avec une fureurégale , dont il était difficile de deviner la cause avantde savoir que leurs chefs s’étaient déjà secrètementcoalisés , et n’attendaient qu’un événement pour dé-clarer cette réunion funeste à la liberté.
Le roi prit la fuite, et cette réconciliation qui, dé-clarée la veille (i), avait paru le fruit d’une intrigue,fut regardée comme un sacrifice fait au salut public.
La fuite du roi me parut avoir rompu tous lesliens qui pouvaient unir encore la nation à Louis XVI,comme ceux de tous les individus, et je crus que letemps était venu où je pourrais, sans craindre dediviser les amis de la révolution , exposer dans touteleur étendue mes opinions sur la royauté. Je le fisdans un discours lu publiquement au Cercle social (2),et imprimé par ordre de cette société nombreuse.
Je réfutai les objections contre l’existence d’unegrande république, qui se répétaient avec tant decomplaisance dans toutes les monarchies. J’v mon-trai que toutes ces objections, tirant toute leur force,soit de l’ignorance des principes de l’ordre social,soit de l’inégalité entre les citoyens, soit de la diffi-culté de parler à la fois à une nation entière, nepouvaient s’appliquer à un peuple où ces principessont établis par une déclaration des droits/où l’é-galité est la première base de toutes les lois; où,par la découverte de l’imprimerie, on a un moyen
(1) Le 20 juin 1791.
(2) Le 12 juillet 1791 Tome XII, p. 227.