Band 
Tome deuxième.
Seite
54
JPEG-Download
 

54

ELOGE l)’lIUYGHENS.

Cette justice, rendue aux talents parla puissance,a rappelé les gens de lettres à la dignité de leur état,qu’ils avaient oubliée. S’il règne maintenant une con-corde respectable entre tous ceux qui ont des ta-lents; s’ils ont obtenu l’estime et les hommages desnations étrangères; s’ils ont l’honneur d’être haïs deshommes méprisables, ils le doivent à l’esprit qu’arépandu dans la littérature le prix ‘que Colbert atta-chait aux travaux littéraires; ils le doivent peut-être à Perrault.

Je me suis arrêté longtemps sur Charles Perrault,en faisant l’éloge de son frère; mais ils s’étaient tou-jours tendrement aimés, et c’est un hommage à lamémoire de notre académicien, que d’avoir consacréquelques lignes à défendre celle d’un frère qui lui futsi cher.

Claude Perrault mourut à Paris en 1688 (1), d’unemaladie qui l’attaqua en sortant de la dissection ducadavre infect d’un chameau. Peut-être doit-on lecompter parmi les savants qui ont été les victimesde leur zèle; ces exemples ne sont pas rares, et leshommes de tous les états savent également braverla mort, lorsqu’elle est sur le chemin qui les mène àla gloire.

ELOGE D’IIUYGHENS.

Christian IMyghens naquit à la Haye, le i4 avril(«) Le 9 octobre.