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Tome deuxième.
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l8o ELOGE DE M. DE LA CONDAMINE.

d’un tribunal d’inquisition au Pérou : à la vérité, ily avait déjà dans le pays un vicaire de l’inquisitiond’Espagne ; mais le zèle des moines de Quito ne trou-vait pas que ce fût encore assez.

Un petit nombre de créoles, qui cultivent, aumilieu de la barbarie générale, les arts et les sciencesde l’Europe, consolaient nos académiciens de toutce qu’il y avait de fatigant et de dangereux à êtrel’objet de la curiosité inquiète d’un peuple ignorantet à demi sauvage.

M. de la Condamine décrit quelques-unes des fêtesqu’on leur donna : c’étaient des espèces de comédies,jouées par de jeunes métis, et des danses pantomimes,où nos voyageurs furent étonnés de voir des enfantsrépéter tous les mouvements d’un astronome quiobserve, et contrefaire, d’une manière comique, lesgestes de chacun d’eux. L’honneur leplus remarquablequ’ils, reçurent, fut une thèse de théologie, dédiée àl’Académie des sciences de Paris. Cette thèse avaitpour objet la nature des actes de la Divinité. Le jé-suite qui l’avait composée ignorait sans doute avecquelle sage modestie l’Académie s’est interdit toutce qui peut avoir le moindre rapport avec des con-naissances si sublimes. Un frère jésuite avait dessinéet gravé une jolie vignette qui sert de frontispice àla thèse, et qui donne des talents des Péruviens,pour les arts, une meilleure idée que la thèse elle-même n’en donne de leurs lumières (i).

(i) Cette thèse solennelle ne renferme qu’une seule proposi-tion de théologie purement scolastique.