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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. TRUDAINE.

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« infiniment plus grands. J’ai eu la douleur de voir« mes intentions perpétuellement traversées par les«préjugés les plus absurdes, les plus populaires:« souvent desservi par les saisons, j’aurai traîné la« vie la plus malheureuse, si je ne survis pas long-« temps au moment où j’écris; et je crois devoir le« dire, afin de servir de leçon à mes fils : qu’ils fas-« sent tous leurs efforts pour être utiles à la patrie;« ils doivent s’attendre à éprouver des contradic-« tions et des obstacles; mais qu’ils emploient tout« leur courage pour les surmonter, comme j’ai tâché« de leur en donner l’exemple : puissent-ils, pour« leur bonheur, avoir un peu plus de calme que« moi ! »

M. Trudaine se trompait sans doute, en formant cedernier souhait pour ses enfants : ce calme qu’ilsemblait désirer pour eux et pour lui-même, et dontil était bien incapable, eût été de l’indifférence :malheur à l’homme d’Ëtat qui, dans une situationpareille, serait tranquille, ou mettrait tout son or-gueil à le paraître !

Heureusement pour la nation, le repos rendit àM. Trudaine une partie de ses forces : sa santé af-faiblie lui permit encore d’être utile; il vit les loisà l’exécution desquelles il l’avait sacrifiée, adoucirles malheurs des récoltes, et donner à l’agricultureune activité nouvelle, que la suspension momenta-née de ces lois n’eut pas le temps d’arrêter ; il lesvit enfin rétablir, et il a eu cette consolation, la seulenécessaire à l’homme de bien , que les sacrificesqu’il avait faits n’ont point été perdus pour sa patrie.