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Tome deuxième.
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ÉLOGE UE M. ÜE JUSSIEU.

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mais rarement ces hommes, que la nature paraissaitavoir formés par une organisation particulière pour #n’acquérir qu’un seul genre d’idées, ont été dansce genre même des hommes supérieurs;et il ne fautpas en être surpris : ce talent exclusif pour un objetest une preuve qu’ils manquaient sans doute de cetteflexibilité, de cette mobilité d’esprit qui, loin d’êtreincompatible avec le génie, sert à multiplier sesmoyens et ses ressources. Ce n’était pas seulementpour être botaniste que M. de Jussieu était né; c’é-tait pour observer la nature, et c’est précisémentpour cela qu’il a été un si grand botaniste : peud’hommes ont réuni au même degré les qualitésd’un excellent observateur; une mémoire prodigieusequi pouvait embrasser une immensité d’objets, etune netteté d’esprit qui ne les confondait jamais;l’avidité de savoir et la patience; des vues grandeset hardies, et une timidité scrupuleuse quand il fal-lait s’arrêter à une opinion ; un esprit capable deformer des combinaisons étendues et profondes,mais qui descendait sans peine aux plus petits dé-tails ; enfin , un amour vif de la vérité et nul désirde la gloire; car l’amour de la gloire et l’avidité d’enjouir conduisent souvent les observateurs à n’aper-cevoir jamais que des choses extraordinaires, ou àprétendre avoir vu ce qu’ils n’ont fait qu’entrevoir.

A son retour d’Espagne, M. de Jussieu observaavec son frère les plantes du Lyonnais et d’unepartie des Alpes, puis il le quitta pour aller à Mont-pellier suivre les études de médecine. Il se destinaità exercer la médecine dans sa patrie : ni le séjour