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Tome deuxième.
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ELOGE DE M. DE JUSSIEU.

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aux détails des précautions nécessaires pour lesconserver; il instruisait les jardiniers, et il parvintà en faire de vrais botanistes.

Chaque année, il conduisait, dans les campagnesdes environs de Paris, les élèves qui avaient suivises leçons du Jardin du roi. On n’apprend pas mieuxla botanique qu’on n’apprend l’histoire naturelledans un cabinet; mais la botanique a un grand avan-tage sur l’histoire naturelle : il n’y a point de paysqui ne renferme un assez grand nombre d’espècesde plantes pour suffire à cette partie d’instructionqu’on ne peut recevoir qu’en observant la nature.

Dans ses promenades savantes, M. de Jussieu ensei-gnait à ses élèves à reconnaître les plantes, malgré leschangements que leur fait éprouver la nature du ter-rain, malgré les accidents qui les défigurent; il leurapprenait à distinguer le sol qui convient à chacune.Souvent ses élèves se permettaient avec lui des su-percheries qu’ils n’eussent osé risquer sous unmaître moins habile : ils lui présentaient des plantesqu’ils avaient mutilées exprès, dont ils déguisaientles caractères, en y ajoutant des parties tiréesd’autres plantes; quelquefois même ils lui présen-taient des plantes étrangères : M. de Jussieu re-connaissait bientôt l’artifice, nommait la plante, lelieu où elle croissait naturellement, les caractèresqu’on avait effacés ou déguisés. On répétait vingtfois cette manière d’éprouver son étonnante saga-cité; il s’y prêtait toujours avec la même simplicité;et cette bonté lui était si naturelle, qu’il ne s’a-percevait même pas qu’il eût besoin de l’avoir : il

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