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Tome deuxième.
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ELOGE DE JU. DE JUSSIEU.

raux et les madrépores ont appartenu successive-ment aux trois règnes de la nature; d’abord, ilsfurent regardés comme des pierres, erreur très-pardonnable, parce qu’ils en ont la dureté, et qu’ilssont composés d’une substance semblable à celledes pierres calcaires; alors on ignorait encore quela masse entière de cette espèce de pierres n’estautre chose qu’un immense débris du règne ani-mal; on expliquait donc par différents systèmes,les causes qui pouvaient déterminer la forme singu-lière de quelques-unes de ces productions, et lesfaire ressembler à des plantes. Le comte Marsili lesrangea ensuite dans le règne végétal, et ses obser-vations parurent convaincantes. Enfin, en 17^4,M. Peyssonel annonça que ces mêmes corps marinsétaient l’ouvrage d’un grand nombre de petits in-sectes, qui se bâtissaient des loges avec une subs-tance pierreuse qu’ils tiraient d’eux-mêmes.

Cette idée de M. Peyssonel était alors presque dé-nuée de preuves : on ne la regarda que comme unehypothèse hardie; elle fut presque oubliée des na-turalistes, mais elle ne l’était point de M. de Jussieu;il avait observé souvent les polypes d’eau douce; ilavait vu la manière dont ils développent ou retirentleurs bras, et une partie des merveilles que pré-sentent ces insectes, longtemps inconnus ou négligéspar les naturalistes : l’idée que les prétendues fleursdu corail n’étaient que des polypes, lui paraissaitavoir assez de vraisemblance pour le déterminer àfaire des recherches; il les fit pendant son voyage.Ses expériences, ses observations, furent sans ré-