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Tome deuxième.
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ELOGE DE M. DE JUSSIEU.

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vertueuse, et cette passion qui, comme toutes Lesautres, a le malheur de ne dédommager que faible-ment des tourments quelle cause, n’a point agité lavie de M. de Jussieu ; plus heureux en cela quetant d’autres hommes célèbres. Peut-être cependanteut-il aussi payé ce tribut à la faiblesse humaine,s’il eût éprouvé des obstacles au commencement desa carrière; mais quand il aurait désiré cette gloirequ’il avait acquise sans peine, sa passion eût été sa-tisfaite avant qu’elle eût pu avoir le temps de s’irriterpar la résistance.

Lorsqu’il se présentait à lui des idées nouvelles,des découvertes particulières, il les annonçait à sesdisciples,à ses amis, aux étrangers qui le visitaient ; ils’assurait par ce moyen qu’elles seraient connues,qu’elles seraient utiles, et son but était rempli. Ilcommuniquait avec la même facilité ses grandes vuessur la botanique; il sacrifiait (et même sans croire faireun sacrifice) l’honneur d’être législateur dans cettescience, au désir d’en accélérer les progrès; mais desvues si étendues et si profondes ne pouvaient êtredéveloppées que par celui qui avait pu les avoir, etil n’a pas été possible à M. de Jussieu d’échapper àsa renommée.

Des savants, qui apparemment ne connaissaientde la botanique que sa nomenclature, ont regardécette science, si utileà la fois et si piquante, commeune science de mots : l’exposition que nous allonsfaire des idées de M. de Jussieu, quelque imparfaitequ’elle puisse être, suffira pour détruire cette opi-nion , qui n’a été que trop accréditée par l’impor-