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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. DE JUSSIEU.

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cours que quelques papiers où il avait jeté ses idées,dont lui seul avait la clef; il méditait dans les rues',dans ses promenades, sur les problèmes qu’il s’étaitproposés : il avait porté dans une science d’observa-tion ces méditations profondes qu’on croit unique-ment réservées aux sciences abstraites; et il étaitparvenu à éprouver, dans l’étude de la botanique,les plaisirs qu’elle donne à l’aspect de la vérité.

Privé dans ses dernières années de l’usage de sesyeux, ne pouvant plus lire ni presque même obser-ver, il fut toujours également occupé; et c’était unspectacle nouveau que de voir un botaniste n’avoirbesoin pour travailler longtemps, que de ses pro-pres idées, comme un géomètre, un métaphysicienou un poète.

On pourrait demander si ces lois que M. de 3 ussieuvoulait faire servir de fondement à la botanique,existent dans la nature? Sans doute, pour en êtreabsolument sûr, il faudrait que ces lois fussent dé-couvertes; il faudrait connaître les plantes de tousles climats, pour être certain que de nouvelles ob-servations ne viendront point détruire les lois qu’onaurait données comme générales; mais du moins onpourra, lorsque les recherches de nosbotanistes au-ront embrassé tout le globe, ou découvrir ces loisgénérales, ou s’assurer qu’il n’en existe pas.

M. de Jussieu était persuadé de l’existence de ceslois; il se flattait d’en avoir découvert quelques-unes, et son autorité est d’autant plus grande, qu’eugénéral ce qui n’était pour lui qu’une opinion, au-rait été pour tout autre une chose prouvée. Cepen-

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