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Tome deuxième.
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ELOGE DE Al. DE BOLIRDELÜN. 28 1

avait tant aimé, le seul héritier de son nom quisuivît la profession de ses pères, le seul objet parqui M. de Bourdelin tenait encore à la vie. Cetteperte mit le comble à tous les malheurs qu’il avaitéprouvés, et les facultés de son âme s’en ressenti-rent. Cet homme d’un esprit si sage, d’une raison sisaine, d’une mémoire si immense, d’une éruditionsi étendue et si exacte, éprouva le dépérissementd’esprit et de corps qu’entraîne le chagrin joint à lavieillesse. Une mélancolie profonde, fruit de la dou-leur de ses pertes et du sentiment de sa décadence ,s’empara de lui : il traînait et supportait avec peinedes jours qu’il ne pouvait plus rendre utiles aux au-tres. Nous l’avons vu souvent venir chercher dansnos assemblées des distractions anx sentiments quil’accablaient, continuer par habitude une assiduitéqu’il avait toujours regardée comme un devoir (et iln’en négligeait aucun), s’intéresser à nos travauxlorsque son état lui permettait de s’en instruire, etjouir encore avec quelque plaisir du respect quenous inspirait le souvenir de ses travaux et de sesvertus.

M. de Bourdelin était né avec une constitutionfaible, que l’étude avait dû affaiblir encore. Lecalme de son âme, qui n'aimait que ce qu’elle devaitaimer, n’était troublé que par des sentiments ver-tueux; et sa modération dans le travail, comme dansles délassements du travail, dans son régime commedans ses opinions; son indifférence enfin pour lagloire et pour la fortune, lui assurèrent une longuecarrière.