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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE >1. DE IIA U. Eli. 28.1

decin célèbre, et dont il espérait recevoir des lu-mières sur l’étude de la nature. Mais ce nouveaumaître ne lui enseigna que les systèmes de Des-cartes; aussi le jeune élève préféra-t-il les fictions dela poésie à celles de la philosophie, comme souventles bons esprits aiment mieux lire un roman donnépour tel, qu’une histoire mêlée de fables. Il fit doncbeaucoup de vers ; et le feu ayant pris à la maisonqu’il habitait, il courut chercher ses vers au milieudes flammes, les enleva, et crut avoir tout sauvé.

Cependant la philosophie l’emporta bientôt. Unan seulement après cet événement, son esprit avaitdéjà acquis tant de maturité, qu’il eut le courage decondamner au feu ces mêmes vers qu’il en avaitsauvés l’année d’auparavant au péril de sa vie.

II y avait parmi ces poésies plusieurs satires, genrepour lequel M. de Haller avait déjà montré beau-coup de talent; ainsi ce sacrifice prouvait non-seule-ment sa modestie, mais encore les progrès qu’ilavait faits dans la connaissance du cœur humain. Ilsentait que l’homme vertueux doit rarement em-ployer cette arme qui punit, mais qui ne corrigepoint, et dont il semble qu’il ne doit être permis dese servir que contre ceux qui, par leur rang ou leurpouvoir, sont à l’abri de tout autre châtiment.

Le moment de se choisir un état était venu ; M. deHaller voulait étudier la nature, et il embrassa laseule profession qui pût lui laisser la liberté de selivrer sans réserve à cette étude, la médecine.

Ce n’était pas sans doute l’état qui pouvait le con-duire le plus sûrement à la fortune et aux places,