Band 
Tome deuxième.
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ÉLOGE DK M. DF. HALLER.

les plus insolubles de la métaphysique et de la mo-rale; des épîtres où il peint les douceurs de l’amitiéet de la vie pastorale, les plaisirs attachés à la sim-plicité des mœurs, les charmes des vertus douces ettranquilles, et le bonheur qui suit les sacrifices quecommandent les vertus fortes et austères : telles sontles poésies de M. de Haller. En répandant sur lacorruption des mœurs le ridicule et le mépris, ilpeint l’hypocrisie de couleurs plus odieuses; il chanteles bienfaits de la religion, qui apprend aux hommesà s’aimer, ou du moins à se souffrir les uns lesautres; et il s’élève contre les crimes de l’intolé-rance avec cette horreur toujours d autant plus fortedans les âmes vertueuses, qu’elles sont plus sincère-ment attachées à la religion : on croirait entendreà la fois Fénelon célébrer les délices de l’amour di-vin, et l’auteur de la Henriade tonner contre le fana-tisme.

Les poèmes de M. de Haller furent bientôt traduitsen français; les nations européennes virent avecétonnement la poésie allemande, inconnue jusqu’a-lors, leur offrir des chefs-d’œuvre dignes d’exciter lajalousie des peuples qui depuis plusieurs siècles sedisputaient l’empire des lettres. Heureuse d’être néeplus tard, elle réunissait, dès ses premiers pas, cetteprofondeur de philosophie qui caractérise les siècleséclairés, et ces richesses d’imagination, apanageheureux des premiers âges de la poésie. Peut-êtremême (qu’il nous soit permis de hasarder ici cetteremarque), la littérature allemande dut-elle laprompte justice que lui ont rendue les nations étran-