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Tome deuxième.
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ÉLOGE UE M. DE LINNÉ. 333

tinctions frivoles de la vanité, peut l’être encore auxhonneurs de la gloire.

Cet hommage rendu à l’Académie par un savantillustre que l’Europe avait comblé de titres litté-raires, honore à la fois cette compagnie et la nation;il prouve surtout combien est sage la loi qui fixe àhuit seulement le nombre de nos associés étrangers:en effet, quel homme de génie ne serait flatté devoir son nom inscrit dans une liste si courte, entrele czar Pierre et Newton?

Le père de M. de Linné, qui exerçait les fonctionsde ministre dans le village de Stenbrohult, s’amusaità cultiver des plantes; et son fils apprit dès l’enfanceà les étudier. Il avait reçu de la nature cette activitéd’esprit qui ne permet point de repos tant qu’ilreste quelque chose à voir ou à découvrir; ce coupd’œil prompt et juste qui saisit tout ce qui mérited’être observé, et qui ne voit les objets que telsqu’ils sont; cette force de tête nécessaire pour ras-sembler des faits épars, et ne former qu’une grandevérité d’une foule de vérités isolées. Ainsi, en offrantdes plantes aux premiers regards de M. de Linné,en déterminant par là sur quels objets son espritdevait s’exercer, le hasard le fit botaniste : mais déjàla nature avait préparé un grand homme.

A l’âge de vingt et un ans, il se rendit à Upsal,qu’on pouvait alors regarder comme la capitale lit-téraire de la Suède. Olaüs Celsius, qui était à la foisun érudit très-profond et un naturaliste habile, sentitle mérite du jeune de Linné, et devina son génie ;il lui servit de père, et lui procura toutes les ins-