ÉLOGE DE M. DE LINIVÉ. 33f)
à l’autre, cette poussière fécondante; tel est, selonM. de Linné, le véritable secret de cette opérationmerveilleuse, décrite par Tournefort, et usitée dansles îles de l’Archipel, où les habitants, pour se pro-curer des ligues plus grosses, portent sur les figuiersfemelles certains insectes, qu’ils ont auparavant faitéclore sur les figuiers mâles. On dirait que la naturen’a mis, à l’accomplissement de ses desseins, desobstacles en apparence insurmontables, que pourdéployer, avec plus de grandeur, sa puissance etses ressources dans les moyens employés à les sur-monter.
Ce fut dans ces parties, construites par la natureavec tant de soin, et destinées par elle à la perpé-tuité des espèces, que M. de Linné crut devoir cher-cher les caractères de la classification des plantes.
Les étamines lui sçrvirent pour former les pre-mières grandes divisions, et il tira des pistils lescaractères de ses divisions secondaires : pour dé-terminer ensuite les genres, il employa les autresparties de la fructification, comme le nombre et laforme des semences, la nature des corps destinés àles recevoir et à les protéger, le nombre, l’arrange-ment des pétales, la forme des fleurs, la structuredu calice, qui tantôt enveloppe le fruit après la chutedes pétales, tantôt tombe avec eux. A l’égard desespèces, M. de Linné emploie, pour les distinguer,la manière dont les fleurs sont disposées sur laplante, et naissent de ses branches; les parties destructure différente qui enveloppent les fleurs nais-santes ou qui les défendent ; les vrilles qui soutien-
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