ÉLOGE B K M. Ll EUT AU B.
3q3
de condamner hautement des opinions qu’on porteau fond du cœur, de s’élever contre les actions qu’onse permet en secret. Ses réflexions lui avaient ap-pris que tout homme qui s’engage dans un état, oùil doit soutenir la pureté du dogme et prêcherl’austérité de la morale, contracte l’obligation ri-goureuse de penser et d’agir comme il parle, puisquetoute contradiction entre ses engagements et sesopinions ou sa conduite l’avilit également, soit qu’ilse montre avec audace, soit qu’il prenne le sointoujours inutile de se cacher.
La famille de M. Lieutaud ne "résista point à unevolonté dont elle était obligée de respecter les mo-tifs; elle céda, et il eut la liberté de suivre les écolesde médecine.
La botanique fut d’abord l’objet de ses études;il fit un voyage dans les pays que Tournefort avaitparcourus, et en rapporta plusieurs espèces nouvelles,qui avaient échappé aux yeux de celui que les bota-nistes français regardaient comme leur maître. Cesuccès lui mérita une grande réputation dans lesuniversités d’Aix et de Montpellier, et il obtint bien-tôt, dans la première, la survivance des chaires debotanique et d’anatomie que son oncle avait long-temps remplies. Cependant, la préférence qu’il sem-blait accorder à la botanique était l’ouvrage duhasard qui lui avait donné un oncle botaniste. Unattrait plus puissant l’entraînait vers l’anatomie, etlorsqu’il eut perdu son oncle, au goût duquel il avaiten quelque sorte sacrifié le sien ; lorsque la place demédecin de l'hôpital d’Aix lui eut imposé le devoir