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Tome deuxième.
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ELOGE DE M. LIEUTAUD.

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encore que les remèdes sont nuisibles lorsqu’ils neguérissent pas, et qu’ils guérissent rarement; que lascience de traiter les malades consiste à observer lanature, à saisir les moments où l’art peut la secon-der, à profiter de ses forces au lieu de les détruirepar des secours mal entendus, et que, dans l’art deguérir les hommes, comme dans celui de les gou-verner, l’objet le plus important est moins d’agirque de s’abandonner à l’ordre de la nature, et sur-tout d’empêcher le préjugé, l’habitude et la déraisonde la contrarier.

En 1767, M. Lieutaud fil un ouvrage latin sur lescauses des maladies que l’inspection des cadavrespeut faire reconnaître. Il semble, au premier coupd’œil, que cette inspection doive tout apprendre;,mais quelquefois la lésion qui a produit l’impossibi-lité de vivre ne se montre qu’à des yeux exercés;plus souvent, si la cause immédiate de la mort estconnue, elle n’est que l’effet d’une autre lésion sou-vent difficile à découvrir; il faut démêler les mauxdont il eût été nécessaire d’arrêter les progrès, et lesmaux plus anciens qui en ont été la première cause,et dont il eût fallu prévenir les effets; il faut saisirles rapports des phénomènes extérieurs que la ma-ladie a présentés, avec les causes de ces phénomènes,que le cadavre indique plutôt qu’il ne les montre.

Une grande partie de cet ouvrage est due aux ob-servations de M. Lieutaud lui-même, et peu de mé-decins anatomistes ont été plus infatigables dans cespénibles recherches : le nombre des corps qu’il avaitdisséqués avant l’Age de quarante ans, est même si