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Tome deuxième.
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ELOGE DE M. LIEUTAUD.

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mauvais choix qu’ils peuvent faire en d’autres genres:on ne peut guère en accuser leur indifférence pourle bien de ( leurs sujets, s’il est une fois prouvé qu’ilsn’ont pas souvent été plus heureux, et qu’ils ontété dupes des mêmes artifices dans le choix de leursmédecins. Nous ne nous serions pas permis ces ré-flexions, si la nomination de M. Lieutaud ne s’étaitpas trouvée à l’abri de tout soupçon, et si cette pre-mière grâce du nouveau règne n’avait été un actede justice et de reconnaissance.

Le premier usage que M. Lieutaud fit de sa placefut de donner au roi le conseil de se faire inoculer,conseil bien imposant dans la bouche d’un vieuxmédecin, déjà célèbre lorsque l’inoculation a com-mencé à faire du bruit en France ; on ne pouvaitle soupçonner ni de l’approuver par préjugé, ni dela protéger par vanité. Ce conseil peut même êtreregardé comme une action de courage dans unhomme qui,, témoin des progrès de l’inoculationparmi nous, et des obstacles qu’elle a éprouvés, sa-vait à quel incroyable degré de fureur les médecinsanti-inoculateurs ont porté leur aversion pour cetteopération, la seule peut-êti’e des pratiques de mé-decine dont les effets salutaires soient rigoureuse-ment prouvés.

Quelque étranger qu’eût toujours été M. Lieu-taud à la vie et aux moeurs de la cour, cependantil avait bientôt appris à connaître le caractèrç deceux qui l’habitent. La connaissance des hommes estmoins difficile à acquérir,qu’on ne l’imagine, pourceux à qui ils ne croient pas avoir intérêt de se ca-