438 ELOGE DE M. BERT1JV.
« donner ; on vient de me forcer d’assister au sup-« plice de mon prédécesseur. » Heureusement pourM. Bertin, l’hospodar fut rappelé au bout de quel-ques années. Il proposa à son médecin de le suivre àConstantinople; mais quelque espérance de fortunequ’on lui présentât, M. Bertin ne se sentit pas lecourage de braver à la fois les dangers du despo-tisme et ceux de la peste; il partit pour revenir enFrance, et traversa heureusement la Hongrie. Arrivéà Vienne, il fut présenté à l’impératrice-reine parun de ses médecins; et cette princesse, alors enguerre avec la France, voulut bien lui accorder uneescorte pour l’accompagner jusqu’à la frontière. Ac-coutumé à l’anarchie et au brigandage de la domi-nation ottomane, M. Bertin, qui ignorait malheu-reusement la langue de ses gardes, s’imagina qu’ilsavaient formé un complot contre sa vie; il s’échappaet alla chercher sa sûreté dans un marais, où il restalongtemps plongé dans l’eau jusqu’au cou : cepen-dant ses gardes le retrouvèrent ; on parvint à le ras-surer, et il arriva en France, où cette même frayeurmachinale devait l’exposer à de nouveaux malheurs.Elle tenait sans doute à son organisation, susceptiblede recevoir des impressions violentes, et dépourvuedelà force nécessaire pour y résister ou les subjuguer.Mais l’éducation avait peut-être encore augmentécette faiblesse. Le plus grand bien qu’elle pût pro-curer à l’homme, serait sans doute de le mettre àl’abri de toutes les terreurs machinales, de lui ap-prendre à se servir de sa raison, même au milieudu danger, à juger jusqu’à quel point il doit le