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Tome deuxième.
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46/{ ÉI.OGE UK M. DF. COURT A N VAUX.

fussent restés longtemps de simples projets; sou-vent il les construisait lui-même, employant avecplaisir non-seulement sa fortune, mais son temps àexécuter les idées d’un autre, lorsqu’il croyait ouque ces idées seraient utiles, ou même seulementqu’il était nécessaire de les exécuter pour les bienjuger. Il présenta à l’Académie un de ces instru-ments inventés par M. Jeaurat : il l’avait fait lui-même, et y avait gravé cette inscription: Jeauratinvenil, Coijrtanvaux fecit. Il n’avait vu, dans cetteinscription, qu’une marque d’amitié pour un de sesconfrères, et une sorte de plaisanterie ; mais cetteplaisanterie renfermait deux leçons utiles : l’unepour ceux qui pourraient encore regarder commeignoble toute espèce de travail qui n’est pas frivole,ou du moins inutile; l’autre, plus importante encore,adressée à ces protecteurs prétendus des sciences,qui écartent d’eux les vrais savants, en exigeant que,pour prix des dépenses qu’ils consentent à fairepour les sciences, ces savants leur cèdent une partiede la gloire attachée à leurs découvertes.

C’est ainsi que M. de Courtanvaux passait sa vie aumilieu des amusements utiles qu’il s’était procurés,entouré des savants dont il s’était fait de véritablesamis. Étranger à toute autre espèce de société, ilmêlait quelquefois les plaisirs dont il avait conservéle goût, à ces occupations savantes qu’il leur préfé-rait, même en ne les regardant que comme un autregenre de plaisirs. Aussi dégagé de toute vanité qu’ilest possible de l’être à la faiblesse humaine, il ou-bliait ce qu’on appelle le monde, et consentait à en