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ÉLOGE DE M. PRINGLE.
surtout dans ces temps antiques que l’ignorance oul’envie s’efforce d’admirer. Les militaires sont peut-être la classe de la société où les progrès de ce sen-timent d’humanité ont été les plus sensibles. Si l’onveut trouver des hommes qui aient conservé toute labarbarie antique au milieu de l’adoucissement desmœurs de leur siècle et de leurs concitoyens, ce n’estpasdans les camps qu’il faut les chercher, ce n’est pointparmi les guerriers, qui n’attaquent la vie des autresqu’en prodiguant la leur; c’est parmi ceux qui frap-pent leurs victimes de sang-froid et sans danger, etqui exercent des rigueurs auxquelles ils se croientsûrs de n’être jamais exposés.
En 1746, M. Pringle fut nommé médecin encliefdes armées britanniques, et repassa en Angleterrepour remplir ses fonctions auprès des troupes desti-nées à combattre le prince Édouard; elles restèrenten campagne pendant le mois de décembre, et ce-pendant elles souffrirent peu. Une société de qua-kers leur avait fait distribuer des gilets. Depuis en-viron un siècle et demi, il n’y a pas eu , dans l’histoired’Angleterre, un événement important où ces hommespacifiques n’aient donné quelque exemple éclatantde bienfaisance ou de générosité; et, parmi tant desectes qui ont désolé la terre en déshonorant la rai-son humaine, celle des quakers a été la seule jus-qu’ici où le fanatisme ait rendu les hommes meil-leurs, et surtout plus humains.
La place qu’occupait M. Pringle est peut-être laplus pénible et en même temps la plus brillantequ’un médecin puisse remplir Au milieu de la dé-