ÉLOGE DE M. BERNOULLI. 57 I
différents degrés d’inclinaison qu’il prend par l’effetdu vent ou l’action de la lame, l’auteur examine lesmoyens d’empêcher que les causes qui, comme leslames ou les coups de vent, agissent sur lui par in-tervalles plus ou moins réguliers, n’augmentent con-tinuellement ses oscillations, et ne l’exposent à êtrerenversé. Cette partie de la théorie était absolumentneuve ; elle conduit à ce paradoxe, que dans le casoù les causes accidentelles qui tendent à donner denouveaux mouvements à un navire se répéteraientavec de petits intervalles, on augmenterait le dan-ger de chavirer en augmentant la stabilité du vais-seau. Mais ce danger n’existe que dans le cas où ladistance d’une impulsion à l’autre serait moindreque le temps de chaque oscillation du navire ; heu-reusement on ne peut guère redouter, dans la pra-tique, d’y être exposé , et dans toute autre circons-tance il est utile d’augmenter la stabilité.
Ces détails, beaucoup trop longs peut-être, suffi-sent pour faire connaître M. Bernoulli; on voit queson goût le portait particulièrement à examiner lesquestions qui présentent plus de difficultés pourles soumettre au calcul que pour les résoudre quandelles y ont été soumises ; on voit que dans cellesqu’il se proposait, il cherchait dans la nature de laquestion elle-même les moyens de la simplifier, delàréduire à ses moindres termes , ne laissant à faire aucalcul que ce qu’il était impossible de lui ôter ; onvoit qu’il voulait surtout employer la théorie pourpénétrer plus avant dans la connaissance de la na-ture, en appliquant les mathématiques non-seule-