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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. DE MONTIGNI. 5y !

tout le mal qui est en notre pouvoir. Heureux le peu-ple, lorsque, dans ces tristes circonstances, il trouveparmi les hommes éclairés un défenseur intègre etcourageux, qui sache à la fois et faire entendre lavoix de la justice, et ménager des intérêts qu’oncroit liés à ceux du gouvernement!

Après avoir désabusé les habitants de la Franche-Comté, il fallait encore détromper les Suisses queles mêmes bruits dégoûtaient de nos sels. M. deMontigni s’en chargea. En exposant avec simplicité cequi était vrai, en inspirant la confiance par ses lu-mières, comme par sa franchise, il réussit sans peineauprès d’un peuple qui, respecté depuis longtempsen Europe par sa candeur, a mérité de l’être, dansce siècle, par les hommes de génie qu’il a produits,et par le prix qu’il attache aux lumières.

Pendant ce voyage, M. de Montigni vit à FerneyM. de Voltaire, dont la soeur avait épousé son onclepaternel. On sait que pendant sa longue carrière, iln’avait point existé en Europe un malheur publicsur lequel M. de Voltaire n’eût répandu des larmes,qu’il n’eût essayé de réparer, que du moins il n’eûtdénoncé à cette petite portion de l’humanité qui faitsa principale occupation du bonheur général deses semblables, et dont il avait mérité d’être enquelque sorte l’orateur et le chef; mais les malheursdes peuples voisins de ses terres étaient un tour-ment pour son cœur, en qui cet amour de l’huma-nité était, devenu par une longue habitude, unevéritable passion.

Il proposa à M. de Montigni de se joindre à lui,