Band 
Tome deuxième.
Seite
594
JPEG-Download
 

ÉLOGE DE M. DE MONTIGNI.

594

tion importante et souvent délicate avec autant d’in-tégrité que de lumières, avec autant de prudenceque de courage.

S’il a donné peu de mémoires à l’Académie, lesoccupations dont il a été chargé doivent être sonexcuse; ceux qui contribuent par leurs découvertesaux progrès des sciences, et ceux qui les font res-pecter en les rendant utiles, ont également droit àl’estime des hommes, et doivent nous être égale-ment chers.

En rendant compte au public des travaux des con-frères que nous regrettons, il doit nous être permisde lui exposer les motifs plus particuliers de nosregrets. M. de Montigni était cher à la Compagnie,par le zèle avec lequel il s’acquittait de toutes lescommissions dont elle le chargeait, par l’exactitudeet la précision avec lesquelles il lui rendait comptede ses commissions. Dans toutes les affaires, danstoutes les discussions intérieures qui pouvaient lapartager, les avis de M. de Montigni étaient toujoursinspirés par la modération et la sagesse, soutenusavec tranquillité, mais avec force, et dictés par uneraison lumineuse, appuyée de l’expérience que l’ha-bitude des affaires lui avait donnée. Comme il étaitutile au gouvernement par ses lumières dans lessciences, il l’était à l’Académie par celles qu’il avaitacquises dans la magistrature et dans l’administration.

M. de Montigni avait toujours eu pour amis ceuxde ses confrères qui, par leurs travaux et leurs dé-couvertes, avaient obtenu une plus grande célébrité ;il jouissait de leurs succès, et prenait part à leur