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Tome deuxième.
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ELOGE DE M. M A.IÎGR AAF.

la juste punition de cette espèce de charlatanerie ,dont plusieurs exemples semblables ont presqueabsolument corrigé les savants. Le phosphore, quin’avait été longtemps qu’un objet de curiosité, étaitdevenu le sujet de recherches plus sérieuses; et aprèsen avoir admiré les propriétés physiques, après avoirappris le secret de le produire, il restait à en dé-couvrir la nature. M. Margraaf prouva le premierque le procédé très-compliqué employé pour fairele phosphore, pouvait se réduire à distiller avec unematière charbonneuse, la substance qui, combinéeavec l’alcali fixe, forme le sel fusible de l’urine.Cette substance est composée d’un acide et d’uneespèce de terre particulière vitrifiable sans addition,dans laquelle M. Proust a observé depuis des pro-priétés singulières, comme celle de se combineravec les alcalis, et quelques autres qui la rappro-chent du sel sédatif. Mais l’acide et la substancecharbonneuse contribuent seuls à la production duphosphore. Tel fut le résultat du travail de M. Mar-graaf, et c’est tout ce qu’on pouvait savoir dans untemps où les chimistes n’observaient point encore lesaltérations que l’air éprouve dans leurs expériences.

Quoique la théorie des substances salines fût unedes parties les plus avancées de la chimie, il restaitencore beaucoup d’incertitude sur la nature dequelques-uns des sels même les plus communs.M. Margraaf a prouvé le premier que la base del’alun est une terre argileuse; que celle qui, dansl’eau mère du sel marin , reste combinée avec sonacide, qui est la base des sels amers contenus dans