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Tome quatrième.
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VIE 1 )E 'VOLTAIRE.

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quen mettant sur le théâtre les prodiges d’une reli-gion étrangère, il fallait, par la magnificence, le tonauguste et religieux du style , ne pas laisser à l’ima-gination le temps de se refroidir, montrer partoutles dieux qu on voulait faire agir, et couvrir le ridi-cule d un miracle, en présentant sans cesse l’idéeconsolante d’un pouvoir divin, exerçant sur lescrimes secrets des princes une vengeance lente, maisinévitable.

L’amour, révoltant dans Oreste , était nécessairedans Sémiramis. Il fallait que Ninias eût une amante,pour qu’il pût aimer Sémiramis, répondre à ses bon-tés, se sentir entraîné vers elle avant de la connaîtrepour sa mère, sans que l’horreur naturelle pour1 inceste se répandît sur le personnage qui doit ex-citer 1 intérêt. Le style de Sémiramis, la majesté dusujet, la beaute du spectacle, le grand intérêt de quel-ques scènes, triomphèrent de l’envie et des cabales;mais on ne rendit justice que longtemps après àOreste et à Rome sauvée.

Peut-être même n’est-on pas encore absolumentjuste. Et si on songe que tous les collèges, toutes lesmaisons où se forment les instituteurs particuliers,sont dévoués au fanatisme; que dans presque touteses éducations on instruit les enfants à être injustesenvers Voltaire, on n’en sera pas étonné.

Il fit ces trois pièces à Sceaux , chez madame laduchesse du Maine. Cette princesse aimait le bel es-prit, les arts, la galanterie; elle donnait dans sonpalais une idee de ces plaisirs ingénieux et brillantsqui avaient embelli la cour de Louis XIV, et ennobli