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Tome quatrième.
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VIE DE VOLTAIRE.

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répondu un jour au général Manstein , cjui le pres-sait. de revoir ses mémoires : Le roi m’envoie sonlinge sale à blanchir ; il faut que le vôtre attende.Qu’une autre fois, en montrant sur la table un pa-quet de vers du roi, il avait dit, dans un mouve-ment d’humeur : Cet homme-là, c’est César et l’abbéColin.

Cependant, un penchant naturel rapprochait lemonarque et le philosophe. Frédéric disait, long-temps apres leur séparation, que jamais il n’avaitvu d’homme aussi aimable que Voltaire; et Voltaire,malgré un ressentiment qui jamais ne s’éteignit ab-solument, avouait que quand Frédéric le voulait,il était le plus aimable des hommes. Ils étaient en-core rapprochés par un mépris ouvert pour les pré-jugés et les superstitions, par le plaisir qu’ils pre-naient à en faire l’objet éternel de leurs plaisanteries,par un goût commun pour une philosophie gaie etpiquante, par une égale disposition à chercher, àsaisir, dans les objets graves, le côté qui prête auridicule. 11 paraissait que le calme devait succéder àde petits orages, et que l’intérêt commun de leurplaisir devait toujours finir par les rapprocher. Lajalousie de Maupertuis parvint à les désunir sansretour.

Maupertuis, homme de beaucoup d’esprit, savantmédiocre et philosophe plus médiocre encore, étaittourmenté de ce désir de la célébrité qui fait choisirles petits moyens lorsque les grands nous man-quent, dire des choses bizarres quand on n’en trouvepoint dépiquantes qui soient vraies, généraliser des