VIE DE VOLTAIRE.
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riche, consentait à lui faire. Jamais, dans un événe-ment de ce genre, un tel concours de circonstancesn’avait plus éloigné les soupçons d’un crime, plusfortifié les raisons de croire à un suicide. La conduitedu jeune homme, son caractère, le genre de seslectures, tout confirmait cette idée. Cependant uncapitoul, dont la tête ardente et faible était enivréede superstition, et dont la haine pour les protestantsn’hésitait pas à leur imputer des crimes, fait arrêterla famille entière. Bientôt la populace catholiques’échauffe; le jeune homme est un martyr. Des con-fréries de pénitents qui, à la honte de la nation, sub-sistent encore à Toulouse, lui font un service solen-nel, où l’on place son image tenant d’une main lapalme du martyre, et de l’autre la plume qui devait,signer l’abjuration.
On répand bientôt que la religion protestanteprescrit aux pères d’assassiner leurs enfants, quandils veulent.abjurer; que, pour plus de sûreté, onélit, dans les assemblées du désert, le bourreau de lasecte. Le tribunal inférieur, conduit par le furieuxDavid, prononce que le malheureux Calas est cou-pable. Le parlement confirme le jugement à cettepluralité très-faible, malheureusement regardéecomme suffisante par notre absurde jurisprudence.
on amné a la roue et à la question, ce père infor-tune meurt, en protestant qu’il n’est pas coupable;et les juges absolvent sa famille, complice nécessairedu crime ou de l’innocence de son chef.
Cette famille , ruinée et flétrie par le préjugé, vachercher chez les hommes d’une même croyance