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Tome quatrième.
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VIE DE V O LIAI ltE.

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Les libres penseurs, qui n’existaient auparavantque dans quelques villes où les sciences étaient cul-tivées, et parmi les littérateurs, les savants, lesgrands, les gens en place, se multiplièrent à sa voixdans toutes les classes de la société, comme dans tousles pays. Bientôt, connaissant leur nombre et leursforces, ils osèrent se montrer, et l’Europe fut étonnéede se trouver incrédule.

Cependant ce même zèle faisait à Voltaire des en-nemis de tous ceux qui avaient obtenu ou qui atten-daient de cette religion leur existence ou leur for-tune. Mais ce parti n’avait plus de Bossuet, d’Arnaud,de Nicole: ceux qui les remplaçaient par le talent,dans la philosophie ou dans les lettres, avaient passédans le parti contraire; et les membres du clergé quileur étaient le moins inférieurs, cédant à l’intérêt de11e point se perdre dans l’opinion des hommes éclai-rés, se tenaient à l’écart, ou se bornaient à soutenirl’utilité politique d’une croyance qu’ils auraient étéhonteux de paraître partager avec le peuple, et subs-tituaient à la superstition crédule de leurs prédé-cesseurs une sorte de machiavélisme religieux.

Les libelles, les réfutations paraissaient en foule;mais Voltaire seul, en y répondant , a pu conserverle nom de ces ouvrages, lus uniquement par ceux àqui ils étaient inutiles, et qui ne voulaient ou nepouvaient entendre ni les objections, ni les réponses.

Aux cris des fanatiques, Voltaire opposait les bon-tés des souverains. L'impératrice de Russie, le roi dePrusse, ceux de Pologne, de Danemark et de Suèdes’intéressaient à ses travaux, lisaient ses ouvrages,