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Tome quatrième.
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VIE DE VOLTAIRE.

1 9.6

Florentin pour l’engager à faire sortir de son diocèse,et par conséquent du royaume, Voltaire, qui faisaitalors élever une église à ses frais, et répandait l’a-bondance dans un pays que la persécution contreles protestants avait dépeuplé. Mais l’évêque préten-dait que le seigneur de Ferney avait fait dans l’é-glise, après la messe, une exhortation morale contrele vol, et que les ouvriers employés par lui à cons-truire cette église n’avaient pas déplacé une vieillecroix avec assez de respect; motifs bien graves pourchasser de sa patrie un vieillard qui en était la gloire,et l’arracher d’un asile où l’Europe s’empressait delui apporter le tribut de son admiration. Le ministren’eût-il fait que peser les noms et l’existence poli-tique, ne pouvait être tenté de plaire à l’évêque; mais ilavertit Voltaire de se mettre à l’abri de ces délations,que l’union de l’évêque d’Annecy avec des prélatsfrançais plus accrédités pouvait rendre dangereuses.

C’est alors qu’il imagina de faire une communionsolennelle, qui fut suivie d’une protestation publiquede son respect pour l’Eglise , et de son méprispour les calomniateurs : démarche inutile, qui an-nonçait plus de faiblesse que de politique, et que leplaisir de forcer son curé à l’administrer par lacrainte des juges séculiers, et de dire juridiquementdes injures à l’évêque d’Annecy, ne peut excuser auxyeux de l’homme libre et ferme qui pèse de sang-froid les droits delà vérité, et ce qu’exige la prudencelorsque des lois contraires à la justice naturelle ren-dent la vérité dangereuse et la prudence nécessaire.

Les prêtres perdirent le petit avantage qu’ils au-