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Tome quatrième.
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VIE DE VOLTAIRE. 1 4g

deur de caractère au-dessus de toutes les dissimula-tions, qu’à ses yeux les plus grandes places n’étaientqu’un moyen d’exécuter ses vues salutaires, et nelui paraîtraient plus qu’un vil esclavage, s’il perdaitcette espérance. Enfin , il savait qu’affranchi de tousles préjugés, et haïssant en eux les ennemis les plusdangereux du genre humain, M. Turgot regardait laliberté de penser et d’imprimer comme un droit dechaque citoyen , un droit des nations entières, dontles progrès de la raison peuvent seuls appuyer lebonheur sur une base inébranlable.

Voltaire vit dans la nomination de M. Turgot l’au-rore du règne de cette raison si longtemps mécon-nue, plus longtemps persécutée; il osa espérer lachute rapide des préjugés, la destruction de celtepolitique lâche et tyrannique qui, pour flatter l’or-gueil ou la paresse des gens en place, condamnait lepeuple à l’humiliation et à la misère.

Cependant ses tentatives en faveur des serfs duMont-Jura furent inutiles, et il essaya vainementd’obtenir pour d’Étallonde, et pour la mémoire duchevalier de la Barre, cette justice éclatante quel’humanité et l’honneur national exigeaient égale-ment. Ces objets étaient étrangers au départementdes finances ; et celte supériorité de lumières, decaractère et de vertu, que M. Turgot ne pouvaitcacher, lui avait fait de tous les autres ministres , detous les intrigants subalternes, autant d’ennemis qui,n’ayant à combattre en lui ni ambition, ni projets per-sonnels, s’acharnaient contre tout ce qu’ils croyaientd’accord avec ses vues justes et bienfaisantes.