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Tome quatrième.
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VIE DE VOLTAIRE.

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maintenir le crédit des prêtres, l’Europe serait en-core superstitieuse , et resterait longtemps esclave ;qu’ils ne sentent pas que, dans les écrits, commedans la conduite, il ne faut déployer que le couragequi peut être utile : peu importe à la gloire de Vol-taire. C’est par les hommes éclairés qu’il doit êtrejugé, par ceux qui savent distinguer, dans une suited’ouvrages différents, par leur forme, par leur style,par leurs principes même, le plan secret d’un philo-sophe qui fait aux préjugés une guerre courageuse,mais adroite; plus occupé de les vaincre que demontrer son génie, trop grand pour tirer vanité deses opinions, trop ami des hommes pour ne pasmettre sa première gloire à leur être utile.

Voltaire a été accusé d’aimer trop le gouverne-ment d’un seul, et cette accusation ne peut en impo-ser qu’à ceux qui n’ont pas lu ses ouvrages. Il estvrai qu’il haïssait davantage le despotisme aristocra-tique qui joint l’austérité à l’hypocrisie, et une ty-rannie plus dure à une morale plus perverse; il estvrai qu’il n’a jamais été la dupe des corps de magis-trature de France, des nobles suédois et polonais quiappelaient liberté le joug sous lequel ils voulaientécraser le peuple : et cette opinion de Voltaire a étécelle de tous les philosophes qui ont cherché la dé-finition d’un Etat libre dans leur cœur et dans leurraison, et non, comme le pédant Mably, dans lesexemples des anarchies tyranniques de l’Italie et dela Grèce.

On l’accuse d’avoir trop loué le faste de la courde Louis XIV : cette accusation est fondée. C’est le