ai8
LE POUR ET LE CONTRE.
moyen de gouverner despotiquement les esprits fai-bles, les imaginations ardentes, et surtout les vieil-lards, qui, en expiation des vieilles fautes qu’ils nepeuvent plus répéter, ne demandent pas mieux quede dépouiller leurs héritiers en faveur des prêtres.
Nous observerons, en cinquième lieu, que cesmêmes fautes sont précisément celles pour lesquelleson peut se rendre sévère, en faisant le moins de sa-crifices. Il n’y a point de vertu qu’il soit si facile depratiquer, ou de faire semblant de pratiquer, que lachasteté; il n’y en a point qui soit plus compatibleavec l’absence de toute vertu réelle et l’assemblagede tous les vices : en sorte que du moment où il estconvenu d’y attacher une grande importance, tousles fripons sont sûrs d’obtenir, à peu de frais, laconsidération publique.
Aussi cherchez sur tout le globe un pays où, nousne disons pas la pureté qui tient à la simplicité, maisl’austérité de mœurs soit en grand crédit, et vousserez sûr d’y trouver tous les vices et tous les crimes,même ceux que la débauche fait commettre.
LE POUR ET LE CONTRE.
Ce petit poëme est un des premiers ouvrages oùM. de Voltaire ait fait connaître ouvertement sesopinions sur la religion et la morale. Nous ignoronsquelle est la femme à qui l’auteur l’avait adressé. Uest du temps de sa jeunesse, et antérieur à ses que-relles avec J. B. Rousseau, qui parle de cet ouvrage