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Tome quatrième.
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LES TROIS EMPEREURS EN SORBONNE. S>.3()

l’enrichir de temps en temps de quelques nouveauxarticles de foi, dont les circonstances n’avaient pointpermis à notre Seigneur Jésus-Christ et aux saintsapôtres de s’occuper.

Celte assertion parut aussi ridicule que scandaleuse ;et lorsqu’on vit que le mauvais français de la Sor-bonne n’avait pas même le mérite de rendre exacte-ment son mauvais latin , et qu’en se traduisant eux-mêmes, ces sages maîtres avaient fait des contre-sens,les ris redoublèrent.

On trouvera dans l’édition desOEuvresde Voltaire(de Gotha) plusieurs pièces en prose sur cette facétiethéologique. Il s’est plu à attaquer souvent l’opinionque tout infidèle est damné, quelles que soient sesvertus et l’innocence de sa vie. Ce n’est point là uneopinion théologique indifférente. Il importe aurepos de l’humanité de persuader à tous les hommesqu’un Dieu, leur père commun, récompense la vertu,indépendamment de la croyance, et qu’il ne punitque les méchants.

Cette opinion de la nécessité de croire certainsdogmes pour n’être point damné, et d’un suppliceéternel réservé à ceux qui les ont niés ou mêmeignorés, est le premier fondement du fanatismeet de l’intolérance. Tout non conformiste devientun ennemi de Dieu et de notre salut. Il est raison-nable, presque humain, de brûler un hérétique etd’ajouter quelques heures de plus à un suppliceéternel, plutôt que de s’exposer, soi et sa famille, àêtre précipités par les séductions de cet impie dansles bûchers éternels.