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Tome quatrième.
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TRAITÉ SUR LA TOLÉRANCE, ETC. 2 5^

contraire à la justice, et toute loi d’intolérance estune loi injuste.

A la vérité, il ne faut ici entendre par loi qu’uneloi permanente, parce qu’il est possible que l’espècede fièvre que cause le zèle religieux exige pour untemps, dans un certain pays, un autre régime quel’état de santé ; mais alors la sûreté et le repos deceux que l’on prive de leurs droits sont le seul motiflégitime que puissent avoir des lois de cette espèce.

L’intérêt général de l’humanité, ce premier objetde tous les cœurs vertueux, demande la liberté d’o-pinions, de conscience, de culte; d’abord, parcequ’elle est le seul moyen d’établir entre les hommesune véritable fraternité; car, puisqu’il est impossiblede les réunir dans les mêmes opinions religieuses,il faut leur apprendre à regarder, à traiter commeleurs frères ceux qui ont des opinions contraires auxleurs. Cette liberté est encore le moyen le plus sui-de donner aux esprits toute l’activité que comportela nature humaine, de parvenir à connaître la véritésur tous ces objets, liés intimement avec la morale,et de la faire adopter à tous les esprits: or l’on nepeut nier que la connaissance de la vérité ne soitpour les hommes le premier des biens. En effet, ilest impossible qu’il s’établisse dans un pays, ou qu’ily subsiste une loi permanente, contraire à ce quel’opinion générale des hommes qui ont reçu uneéducation libérale regardera comme opposé ou auxdroits des citoyens ou à l’intérêt général. Il est im-possible qu’une vérité ainsi reconnue s’efface jamaisdelà mémoire, ou que l’erreur puisse l’emporter surTV. 1*