S IJ il VOLTAIRE.
329
(x) On a ignoré jusqu’à ces dernières années lacause de l’observation si ancienne, que la présencede l’air est nécessaire pour que les corps puissentbrûler. C’est depuis peu qu’on a découvert qu’uneespèce d’air, le seul dans lequel la vie des animauxse conserve, est aussi le seul dans lequel les corpspuissent briller; que dans la combustion il y a unegrande quantité de cet air qui est absorbé et qui secombine, soit avec les parties fixes du corps inflam-mable, soit avec les parties volatiles; que le feu s’e-teint du moment où cet air, en se combinant, cessede favoriser le dégagement de la matière ignée; qu’uncornant d’air augmente le feu , parce qu’il facilite cedégagement, en multipliant le nombre des partiesde cet air qui touchent le corps embrasé; en sortequ’en soufflant avec un courant de cet air, dans sonétat de pureté, on donne au feu une activité prodi-gieuse. Une masse d’air de l’atmosplière ne contientqu’environ un quart de cet air; la combustion, larespiration l’absorbent, d’autres opérations delà na-ture le restituent. Sans cet équilibre, les animaux ter-restres cesseraient bientôt de vivre. Il se dégage engrande quantité du nitre par la destruction de l’acidenitreux dont il parait une des parties; c’est à la pro-duction rapide de cet air, et à sa propriété de déton-ner, quand il est mêlé avec l’air inflammable, qu’ilse dégage des corps qui brûlent, que l’on doit attri-buer les effets terribles de la poudi'e à canon, et engénéral de toutes les combinaisons semblables.
i'i) Voltaire, lomeXXXI, p. 3i6.