SUR VOLTAIRE.
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BIGAMIE (i).
Dans tout paysoù la polygamie n’est point permise,la bigamie est un véritable délit , puisque le bigamecommet un faux dans un acte public. H trompe lafemme qu’il épouse la seconde. C’est une action très-réflécliie : cette action doit donc être punie, maisc’est la superstition, c’est l’idée d’un sacrilège , de laprofanation d’un sacrement, idée étrangère à 1 ordrecivil, qui a fait établir la peine de mort. C’est encorelà une des barbaries qui tirent leur origine de la théo-logie. Il n’y a pas longtemps qu’un grave magistratproposa de faire brûler vive une hermaphrodite quis’était mariée comme garçon, et que les médecinsdéclarèrent être une femme. Elle avait, disait-il, pro-fané la sacrement de mariage.
BILLETS (a).
Le crédit des billets ne peut être fondé que sur laconfiance qu’ils peuvent, à volonté, être échangéspour de l’argent; et cette confiance est fondée surcelle que la banque dont ils partent est en état depayer à chaque instant ceux qui seraient présentés.La confiance est donc précaire, lorsque la masse deces billets surpasse la somme que cette banque peutrassembler en peu de temps. Les billets sont aux em-prunts pour les États, ce que les billets à vue sont aux
(1) Voltaire, tome XXIX, p. ii-i.
(2) Voltaire, tonie XXI, p. 2^7.