Band 
Tome quatrième.
Seite
378
JPEG-Download
 
  

MOT CS

378

balternes, et les détails de cetle corruption, furentla première école de Colbert. Le cardinal le recom-manda, en mourant, au roi, comme un homme quilui serait utile.

Le premier soin de Colbert fut de chercher à per-dre Fouquet. U lui était aisé de montrer à Louis XIVque ce ministre n’était qu’un homme vain, uni-quement occupé de soutenir ses profusions par desmoyens ruineux, et 11e sachant qu’emprunter. Maisce 11’était pas sa disgrâce, c’était sa perte que sesennemis voulaient, parce que Fouquet, disgracié,eût pu éclairer le roi sur la conduite passée de Col-bert et des autres ministres.

Cependant Foucpiet était procureur général, et nepouvait être jugé que par le parlement. Ce droitn’est, à la vérité, que le droit commun de toutcitoyen; mais il est bien moins facile de le violercontre un procureur général. On persuada à Fou-quet de vendre sa charge, et d’en faire porter leprix au trésor royal. La voix publique accusa Col-bert de cette perfidie. On peignit ensuite Fouquet àLouis XIV comme un homme dangereux, qui avaitfait fortifier Belle-Ile, qui avait des trésors , des trou-pes et des partisans. Louis le crut. L’indiscrétion deFouquet, qui avait voulu acheter mademoiselle dela Vallière, dans le temps même où elle résistait auroi, lui rendaient le surintendant odieux.

La perte de Fouquet fut donc r ésolue, et l’onemploya, pour l’arrêter, une dissimulation qu’onaurait à peine pardonnée à Henri III, s’il eût voulufaire arrêter le duc de Cuise, tant on avait trompé