su II VOLTAIRE.
4‘i3
semblent avoir prouvé que l'embryon existe avantla fécondation dans l'œuf des oiseaux, et par analogiedans la femelle vivipare, que la substance du spermeest nécessaire pour la fécondation, et qu’une quan-tité presque infiniment petite peut suffire. Maiscomment dans ce système expliquer la ressemblancedes mulets avec leurs pères? Comment cet embryonet cet œuf se forment-ils dans la femelle? Commentle sperme agit-il sur cet embryon? Voilà ce qu’onignore encore. Peut-être quelque jour en saura-t-ondavantage. Les vers spermatiques ne deviennent plusdu moins des hommes, ni des lapins. Quant auxmolécules organiques, elles ressemblent trop auxmonades; mais remarquons, à l'honneur de Leibnitz,que jamais il ne s’est avisé de prétendre avoir vu desmonades dans son microscope.
HARÜOI IX (le Père) (i).
Le Père Hardouin cherchait à prouver qu’un Dieu ,tel que les cartésiens le concevaient, ne pouvaitressembler au véritable Dieu, tel que l’admettentles chrétiens; puisque ce Dieu des philosophes devaitgouverner le monde par des lois générales et inva-riables, ce qui, selon le Père Hardouin, détruisaittoute espèce de révélation particulière et toute reli-gion, même la religion naturelle. U prouvait que cesphilosophes étaient athées, par les mêmes arguments
11 ! Voltaire, tonie XX , p. 110.