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Tome quatrième.
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S ni! VOLTAIRE.

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Partout on a trouvé l’homme sauvage bon , mais im-placable dans la vengeance. Les mêmes insulaires,qui mangèrent le capitaine Marion, après l’avoir at-tiré dans le piège par de longues démonstrations d’a-mitié, avaient pris le plus grand soin de quelquesmalades du vaisseau de M. de Surville; mais cet of-ficier, sous prétexte de punir l’enlèvement de sonbateau, amène sur sa flotte le même chef qui avaitgénéreusement reçu dans sa case nos matelots ma-lades, et mit, en partant , le feu à plusieurs villages.Ces peuples s’en vengèrent sur Je premier Européenqui aborda cliez eux. Comme ils ne distinguent pointencore les différentes nations de l’Europe, les An-glais ont quelquefois été punis des violences desEspagnols ou des Français, et réciproquement: maisles sauvages n’attaquent les Européens que commeles sangliers attaquent les chasseurs, quand ils ontété blessés.

Dans d’autres îles où la civilisation a fait plus deprogrès, l’usage de manger de la chair humaine s’estaboli. Cet usage a même plusieurs degrés chez lespeuplades les plus grossières : les uns mangent lachair des hommes comme une autre nourriture; ilsn’assassinent pas, mais ils font la guerre pour s’enprocurer. D’autres peuplades n’en mangent qu’encérémonie, et après la victoire.

Dans les îles où 1’anlhropophagie est détruite, lasociété s’est perfectionnée; les hommes vivent de lapèche, de la chasse, des poules et des codions qu’ilsont réduits à l’état de domesticité, des fruits et dest'acines que la terre leur donne, ou qu’une culture

2.8.