SUR VOLTAIRE.
4^7
Il y a dans ces îles quelques traces d’un gouver-nement féodal, comme un amiral, indépendant duchef suprême, des chefs particuliers que ce premierchef ne nomme pas, et qui, dans les affaires où lanation entière est intéressée, reçoivent ses ordrespour les porter à leurs vassaux. Mais on doit trouverà peu près ces mêmes usages dans toutes les nationsqui se sont formées par la réunion volontaire deplusieurs peuplades.
On distingue aussi deux classes d’hommes dansplusieurs de ces îles : celle qui a le plus de force etde beauté, a aussi plus d’intelligence et des mœursplus douces; elle domine l’autre, mais sans l’avoirréduite à l’esclavage.
r>
La terre est en général très-fertile, mais elle n’offrerien jusqu’ici qui puisse tenter l’avarice européenne.Les Anglais y ont porté des animaux utiles, des ins-truments de culture, y ont semé des graines de l’Eu-rope. Ils ont voulu ne faire connaître la supérioritédes Européens que par leurs bienfaits.
Cependant la même nation , dans le même temps,se souillait en Amérique et en Asie de toutes lesperfidies, de toutes les barbaries. C’est que, chez lespeuples les plus éclairés, il y a encore deux nations :l’une est instruite par la raison et guidée par l’huma-nité, tandis que l’autre reste livrée aux préjugés et àla corruption des siècles d’ignorance.