SUH VOLTAIRE.
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inutiles les talents de ceux qui, assez riches pouravoir reçu une bonne éducation, manquent del’illustration nécessaire pour arriver aux places. Lesprivilégesen argent, comme ceux delà noblesse fran-çaise, sont une des principales causes de la mau-vaise administration des finances et de la misère dupeuple. Ces privilèges, ces prérogatives , obtenus par-la force ou par l’intrigue , ont trouvé, au bout d’uncertain temps, des hommes qui en ont fait l’apolo-gie, et ont voulu en prouver l’utilité. C’est le sort detoutes les mauvaises institutions; ceux qui les ontfaites seraient bien étonnés des motifs qu’on leurprête, et de tout l’esprit qu’on leur suppose.
PRÊTRES (i).
Les prêtres excitèrent plus d’une fois le peupled’Athènes contre les philosophes, et cette fureur nefut fatale qu’à Socrate. Mais le repentir suivit bien-tôt le crime, et les accusateurs furent punis. On peutdonc prétendre, avec raison, que les Grecs ont ététolérants, surtout si on les compare à nous, quiavons immolé à la superstition des milliers de vic-times , par des supplices recherchés et en vertu delois permanentes; à nous, dont la sombre fureurs’est perpétuée pendant plus de quatorze siècles sansinterruption; à nous enfin, chez qui les lumièresont plutôt arrêté que détruit le fanatisme qui s’im-
(i) Voltaire, tome XVI, p. ii6.