SUll VOLTA1KE.
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perpétuelles et générales, elles ne servent qu’àrompre l’équilibre qui dans l’état de liberté s’établitnaturellement entre les productions et les besoinsde chaque espèce.
PRINCES.
Sur le parti que les princes ont à prendre, ou d'obéir au peupleen fait de religion , ou d’éclairer le peuple (i ).
Le dernier parti serait le plus noble et le plus sûr.Les princes ont cru faire un grand trait de politiqueen se parant d’un zèle religieux, et ils n’ont fait parlà que se mettre dans la dépendance des fanatiquesde leur secte, et assurer aux partis politiques, sou-levés contre eux, l’appui du fanatisme de toutes lesautres; or cet appui seul a pu donner à ces partis laforce de résister à l’autorité royale ou de la détruire.
Il n’est pas même nécessaire, pour la sûreté etl’indépendance d’un prince , qu’il s’occupe directe-ment du soin d’éclairer ses sujets; il suffit qu’il cessede protéger, et surtout de payer ceux dont le tnélier est de les tromper.
Dans l’étal actuel de l’Europe, toute révolutionprompte est impossible , à moins que le fanatismereligieux n’en soit un des mobiles. Ainsi, tous lessoins que prend un prince pour protéger la reli-gion et empêcher le peuple de secouer le joug desprêtres, n’ont d’autre effet que de conserver aux fac-
(i) Voltaire, lome XIX, p. 177.