SUR VOLTA1RR.
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sa perle; que Sully, terrible aux courtisans, voulaitménager le peuple, et que Colbert sacrifia toujoursle peuple à la cour.
Sully n’encouragea le commerce des blés que pardes permissions particulières d’exporter, plus fré-quentes, à la vérité, que du temps de Colbert, maisqu’il faisait aussi quelquefois acheter; conduitequ’un ministre même ù'ès-corrompu n’oserait avouerde nos jours.
Tous deux n’encouragèrent de même les manu-factures que par des dons et des privilèges. Ils nesongèrent ni l’un ni l’autre à rendre moins oné-reuses les lois fiscales : si elles furent moins duressous Sully, il faut moins en faire honneur à son ca-ractère qu’aux circonstances, qui n’auraient pointpermis cet abus de l’auloiité royale.
En un mot, Sully fut un homme vertueux pourson siècle, parce qu’on n’eut à lui reprocher aucuneaction regardée dans son siècle comme vile ou cri-minelle; mais on ne peut dire qu’il fût un grandminist re, et encore moins le proposer pour modèle.Un général qui de nos jours ferait la guerre commeDu Guesclin serait vraisemblablement battu.
Sully eut des défauts et des faiblesses. Ami deHenri IV, il était trop jaloux de sa faveur ; fier avecles grands ses égaux, il eut avec ses inférieurs toutesles petitesses de la vanité; sa probité était incorrup-tible, mais il aimait à s’enrichir, et ne négligea aucundes moyens regardés alors comme permis. Oblige dese retirer après la mort de Henri IV, il eut la fai-blesse de regretter sa place, et de se conduire en