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Tome douzième.
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DE LA RÉPUBLIQUE,

Jusqu’à ce moment, ils n’ont rien préjugé encore.En se réservant dénommer un gouverneur au dau-phin , ils n’ont pas prononcé que cet enfant dût ré-gner, mais seulement qu’il était possible que la cons-titution l’y destinât; ils ont voulu que l’éducationeffaçât tout ce que les prestiges du trône ont pului inspirer de préjugés sur les droits prétendus desa naissance; qu’elle lui fît connaître de bonneheure, et l’égalité naturelle des hommes, et la sou-veraineté du peuple; qu’elle lui apprît à ne pas ou-blier que c’est du peuple qu’il tiendra le titre de roi,et que le peuple n’a pas même le droit de renoncerà celui de l’en dépouiller. Us ont voulu que cette édu-cation le rendît également digne, par ses lumièreset ses vertus, de recevoir avec résignation le fardeaudangereux d’une couronne, ou de la déposer avecjoie entre les mains de ses frères; qu’il sentît que ledevoir et la gloire du roi d’un peuple libre, sontde hâter le moment de n’être plus qu’un citoyenordinaire. Us ont voulu que l’inutilité d’un roi, lanécessité de chercher les moyens de remplacer unpouvoir fondé sur des illusions, fût une des pre-mières vérités offertes à sa raison; l’obligation d’yconcourir lui-même, un des premiers devoirs de samorale; et le désir de n’être plus affranchi du jougde la loi par une injurieuse inviolabilité, le premiersentiment de son cœur. Us n’ignorent pas que dansce moment il s’agit bien moins de former un roi quede lui apprendre à savoir, à vouloir ne plus l’être (i).

(i) Je savais que plusieurs députés voulaient nie donner leur