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LA H ATIOIN' FRANÇAISE
tôt le peuple a renversé ce trône , à l’abri duquel seforgeaient les poignards des conspirateurs, et lesfoudres des despotes ligués contre la France. L’As-semblée législative, respectant les bornes de sesfonctions, a invité les citoyens à former une Con-vention nationale investie de pouvoirs moins limités.Un consentement unanime du peuple a ratifié celteinvitation.
Les nouveaux députés ont été librement choisispar tous les habitants de la France sans exception ,sans qu’aucune restriction mît des bornes à leursdroits ou gênât l’exercice de leur suffrage; et jamais,depuis l’origine des sociétés, une autorité plus légi-time n’a réglé les destinées d’un grand peuple.
Fidèle à la cause de l’égalité et delà liberté, laConvention nationale a détruit cette royauté quioutrageait l’une et menaçait l’autre; fidèle à la jus-tice, elle a puni le roi, qui avait trahi l’indulgenteconfiance du peuple.
Ainsi, la nation française n’a fait qu’user des pou-voirs qu’elle tenait de la nature; ainsi, la Conven-tion n’a pas excédé les siens, puisqu’une nation nepeut ni perdre, ni aliéner, ni abdiquer, même pourun temps, lë droit de changer sa constitution et seslois; puisqu’elle ne peut renoncer au droit de jugeret de punir le magistrat infidèle qui aurait conspirésa ruine; puisque jamais une impunité si scandaleusen’a souillé le code même des peuples les plus avilis.
Or, ces vérités, qu’on ne peut nier sans déclarerque le genre humain peut devenir la propriété dequelques familles, ces vérités appartiennent à tous