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Tome douzième.
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5o8 LA. NATION FRANÇAISE

nements méritent-ils donc une si aveugle confiance?Ils vous ménagent aujourd'hui; mais, délivrés de lacrainte d’une nation dont les maximes vous rappel-leraient trop fortement toute l’étendue de vos droits,vous les verriez bientôt, sûrs de l’impunité, suivre,avec autant de perfidie que d’audace,leurs systèmesoppresseurs.

Us craignent les principes français! Hommes detous les pays, daignez donc comprendre enfin quelssont ces principes : l’inaliénabilité de la souverainetédu peuple, même pour un temps limité, l’impres-criptibilité absolue des droits des hommes, l’égaliténaturelle dans toute son étendue, voilà ce qui nousdistingue de toutes les nations qui savent aussiqu’elles ont des droits, qui comme nous parlent deliberté et de constitutions garantes de leurs fran-chises. Mais craindre l’introduction de ces principes,n’est-ce pas se déclarer les ennemis du genre hu-main? n’est-ce pas avouer le projet de l’avilir et del’opprimer sous le joug des distinctions, des coutu-mes antiques et des préjugés consacrés par la su-perstition?

N’est-ce pas dire aux hommes : Vous n’aurez deliberté que celle qu’il sera de notre intérêt de vouslaisser? C’est à nous à en marquer les bornes; c’està nous de déterminer jusqu’à quel point nous per-mettrons à votre âme de s’élever, à vos esprits des’éclairer. Tout peuple qui osera passer ces limitessera notre ennemi ; car une puissance inconnue nousa livré l’espèce humaine pour en disposer au gré denos caprices.