Band 
Tome douzième.
Seite
511
JPEG-Download
 

A TOUS LES PEUPLES.

5 I I

forcer des étrangers à partager, même avec égalité,les droits de nos citoyens, ce serait encore attenterà leur indépendance. Mais le droit de se réunir à unautre peuple, en vertu du consentement mutuel dela majorité de chacun d’eux, est une conséquencenécessaire de celui qu’ils avaient également de faireet de changer leurs lois; et une ignorance affectéedes premières notions du droit naturel a pu seulefaire confondre ces réunions avec ces brigandagesque l’orgueil honore du nom de conquêtes, pour endéguiser la honte et le crime.

Sans doute ces réunions augmentent aussi la puis-sance d’un peuple ; mais qu’importe cette puissance,si, pour l’intérêt de sa propre liberté, son respectrigide pour la souveraineté des autres nations est labase de sa politique ; et celte puissance n’est-elle pasun bien pour elles-mêmes, si ce peuple regardecomme un gage de sa propre félicité chaque pas queses voisins pourront faire vers une liberté moinsimparfaite, vers une égalité plus entière ?

Lisez ce décret, du 19 novembre, ce prétexte detant de calomnies :

« La Convention nationale déclare, au nom delà« nation française, qu’elle accordera fraternité et se-« cours à tous les peuples qui voudront recouvrer« leur liberté, et charge le pouvoir exécutif de don-« ner aux généraux les ordres nécessaires pour por-« ter secours à ces peuples, et défendre les citoyens« qui auraient été vexés ou qui pourraient l’être pour« la cause de la liberté.

« La Convention nationale décrète que le pouvoir