SUR LES ÉLECTIONS
1 er JUIN 1793 (i).
Dans une société libre et fondée sur l’égalité, laprospérité publique, la sûreté de l’Etat, la conser-vation même des principes de cette société dépendde la bonté des choix populaires.
Si la masse des représentants et des fonction-naires est composée d’hommes animés de l’espritpublic, éclairés, honnêtes, les vices des formes cons-titutionnelles ne peuvent avoir une influence dan-gereuse ; et on aura le temps de les réformer avantqu’ils aient pu nuire.
Si, au contraire, des hommes corrompus, designorants présomptueux, sont portés aux places,alors les meilleures lois deviennent un faible rem-part contre l’ambition et l’intrigue; et le peuple quijuge sainement, mais qui ne juge que les résultats,se dégoûte, non de la liberté, mais de la tyrannieanarchique à laquelle on en a donné le nom.
Malgré tous les vices de la constitution anglaise,la force inhérente à toute représentation nationale,dans un pays où la presse est libre, met le ministèredans l’impossibilité de résister à la majorité de lachambre des communes, surtout si, après une con-vocation nouvelle, elle se trouve animée du mêmeesprit. Le mode d’élection, pour les membres de ce
(r) Journal d’instruction sociale.