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Tome douzième.
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SUR LES ÉLECTIONS.

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Un vote d’élection est de même le résultat de cesjugements rendus à la majorité. Un homme seul pèse,dans chaque jugement, les motifs de préférence en-tre deux candidats. Dans une élection, les voix dechacun , pour ou contre, représentent ces motifs, etalors on les compte au lieu de les peser. Un hommequi, comparant deux individus entre eux, préfère lesecond au premier, puis, comparant ce second à untroisième, donne la préférence à ce dernier, ne peut,sans se contredire, ne pas le préférer aussi au pre-mier. Cependant, s’il comparait ensuite immédiate-ment le premier et le troisième, peut-être trouverait-il des motifs de préférer le premier; et alors il seraitobligé d’examiner ce jugement, d’en balancer lesmotifs avec ceux des deux autres qui ne peuventsubsister en même temps, et de sacrifier celui qu’iljuge le moins probable.

Dans le cas d’une élection entre trois candidats, ilest possible que les trois jugements de la majoritésur ces concurrents, comparés deux à deux, ne puis-sent subsister ensemble, quoique le résultat des ju-gements de chaque votant ne renferme aucune con-tradiction. La possibilité peut aisément s’en prouverpar des exemples, et s’expliquer par cette seule ob-servation, que la majorité en faveur de chacune despropositions admises n’est pas formée des mêmesindividus. Alors il faut abandonner la propositionqui a une moindre majorité, et s’en tenir aux deuxautres. C’est ainsi que, sur tous les objets où l’onne peut atteindre qu’à une probabilité plus ou moinsgrande, on doit rejeter une proposition probable en